« On n’a pas le temps de réfléchir! » Voilà une phrase qu’on entend beaucoup dans les organisations, petites et grandes. Et si, au contraire, vous n’aviez pas le temps de ne pas le faire?
Il y a quelques années, la directrice générale d’une grande organisation me disait : « Vous savez, on s’agite beaucoup, mais on agit peu! ». Elle me partageait son constat qu’elle et son équipe menaient plusieurs changements de front, multipliaient les réunions et développaient continuellement de nouveaux programmes, sans que tout cela ne génère nécessairement de retombées significatives. Elle remarquait qu’on se lance bien souvent dans l’action sans d’abord s’être demandé ce qui était prioritaire, quelle était la meilleure façon de faire ou sans envisager des scénarios alternatifs. Et une fois l’action lancée, on ne se questionne pas plus sur les retombées de ce qu’on a entrepris, sur les dommages collatéraux qui causent parfois de nouveaux problèmes…
Je repense souvent à cet échange avec cette gestionnaire d’expérience. Et si l’on cessait de voir la réflexion comme du temps perdu pour la voir comme un investissement?
- Un investissement de temps : le temps consacré à réfléchir en amont d’une décision ou d’un changement peut en sauver beaucoup par la suite. Par exemple, il permet : de prévenir certaines erreurs, d’éviter certains conflits ou certaines incompréhensions, d’éviter des irritants à votre clientèle, de mieux planifier les ressources dès le départ…
- Un investissement dans votre équipe : en impliquant les membres de votre équipe dans des réflexions importantes, vous élargissez votre compréhension des enjeux et des défis de votre organisation. Vous permettez aussi à vos employés de se doter d’une vue d’ensemble de l’organisation, tout en reconnaissant leur expertise. En plus de faciliter votre prise de décision, cette période de réflexion inclusive de vos employés contribue grandement à leur mobilisation.
- Un investissement dans l’avenir : se doter de périodes de réflexions récurrentes oblige à se questionner, à chercher de l’information, à clarifier ses objectifs et ses attentes. En valorisant ces processus et en leur laissant une place à l’agenda, on développe les capacités de l’organisation à apprendre, à se remettre en cause et à s’adapter; des qualités essentielles pour répondre aux défis successifs auxquels elle fera face.
La réflexion, c’est privilégier l’action significative à l’agitation!
Maintenant que vous êtes convaincus de la pertinence de réfléchir, comment s’y prendre? Il ne s’agit pas de s’enfermer dans son bureau en regardant au plafond (bien que parfois, ce soit la chose à faire!). Plusieurs contextes ou techniques peuvent contribuer à une réflexion structurée, efficace et constructive, notamment :
- Un exercice de vision partagée;
- Une activité de type lac-à-l’épaule;
- Une consultation publique ou de parties prenantes ciblées;
- Une planification stratégique;
- Une analyse des meilleures pratiques de l’industrie, ou simplement s’intéresser à ce qui se fait ailleurs et dont on pourrait s’inspirer;
- Une évaluation en cours de réalisation d’un projet ou d’un changement, permettant d’apporter des correctifs au besoin;
- …
La réflexion permet de clarifier ses objectifs, d’ordonner ses idées, de prendre du recul, d’évaluer ses options, d’accumuler de l’information, d’impliquer des gens et de s’en faire des alliés pour la suite… S’en priver, c’est un peu comme partir en forêt sans carte ni itinéraire précis : la ballade peut être agréable, mais il est possible qu’on arrive jamais nulle part, ou du moins, que ce ne soit qu’au prix de nombreux et coûteux détours!
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